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Hygiène raciale

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Ploetz AlfredL’hygiène raciale (Rassenhygiene) est un concept raciste introduit par le médecin Alfred Ploetz en 1904 dans un article de la publication Archives de biologie raciste et sociale. D'emblée, les propositions de ce texte visant à soigner une population plutôt qu'un individu le placent dans le registre des pseudo-sciences. Alfred Ploetz s'associe en 1905 à trois personnes : un juriste, au psychiatre Ernst Rüdin et à l'anthropologue Francis Galton, fondant l'« Association allemande pour l'hygiène de la race » (Deutsche Gesellschaft für Rassenhygiene), dont le but est de diffuser l'idée parmi les pays où, selon eux, réside la race nordique. Des antennes ouvrent donc en Suède, en Tchéquie et en Suisse. Les conséquences ne constituent pas donc qu'un phénomène uniquement allemand.

Contestée, cette théorie raciale fait néanmoins l'objet de polémiques parmi la communauté médicale et aboutit pendant les années 1920 à un consensus légitimant la future Aktion T4. Son influence grandit et va jouer un rôle central dans la définition des politiques racistes du Troisième Reich, une fois toute opposition intellectuelle comme politique balayée par la mise au pas succédant à la prise de pouvoir du Führer : désormais, seul le Rassenpolitisches Amt définit son programme.

En effet, si la contribution d'Alfred Ploetz pourrait s'apparenter à l'eugénisme, la résonance qu'ont eue ses écrits et ses initiatives dans le contexte de l'avènement au pouvoir du parti nazi en Allemagne fut toute autre : relayée par Fritz Lenz, cette théorie marginale est devenue une politique d'État, promue par un organisme officiel de recherches, l'Institut Kaiser-Wilhelm d'anthropologie, d'hérédité humaine et d'eugénisme :

  • en médecine : à compter de 1933, le cursus universitaire du corps médical en Allemagne est révisé entièrement pour inclure une formation en « génétique raciste » ; Josef Mengele en fut manifestement l'étudiant type, représentatif d'une génération entière de médecins affiliés à l'idéologie nazie6.
  • pour la police : la police allemande, à compter de 1936, est également investie de faire respecter les lois raciales, ce dont se charge une section appelée police « sanitaire ».
  • dans la société civile : illustrant son influence, l'idée produisit des effets inattendus (mouvement anti-tabac sous le Troisième Reich).
  • en droit : Fritz Lenz contribua à la rédaction d'une partie des Lois de Nuremberg (1935).


Élève de Hans F. K. Günther (1891–1968), le plus célèbre raciologue du IIIe Reich, l'anthropologue Bruno Beger fit partie de l'invraisemblable expédition au Tibet en 1938/39, financée par les instituts de Himmler et visant à trouver les preuves validant l'origine indo-européenne de l'idéologie aryenne. La conceptualisation de l'hygiène raciale au début du XXe siècle en Allemagne a un effet immédiat en 1933 par la loi dite de « stérilisation forcée », puis constitue le prodrome de l'extermination effectuée à grande échelle par la folie meurtrière du régime, une fois la guerre déclarée (Holocauste, Porajmos et Generalplan Ost), mais également de l'instauration du Lebensborn. Les procureurs des procès de Nuremberg ont instruit en crime contre l'humanité les effets produits par ce concept, selon l'acte d'accusation du 7 juillet 1947.


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